Le documentaire Des rêves sans étoiles: portraits de jeunes détenues en Iran

Auteur: 
Olivier Lessard - Arts, lettres et communication

C’est un documentaire touchant et puissant que nous propose le Festival cinéma du monde de Sherbrooke (FCMS) avec Des rêves sans étoile du réalisateur iranien Mehrdad Oskuei. Produit en 2016 et présenté le 11 avril au FCMS, le film est une immersion dans un centre de détention et de réhabilitation en Iran pour mineures. On y suit plusieurs adolescentes qui partagent leur quotidien avec le réalisateur et lui racontent leur passé.

Certaines avaient des problèmes de drogues où ont été violées, d’autres ont des enfants et d’autres encore vivaient dans la rue. Si on ne voit jamais le réalisateur, on l’entend poser des questions aux détenues, souvent très émotive lors des entrevues. Le documentaire se veut un mélange de scènes prises sur le vif dans le centre de détention et d’entrevues avec les détenues. Autant les adolescentes peuvent-elles chanter et danser au nouvel an qu’elles peuvent pleurer en témoignant de leur agression sexuelle. C’est dur et très lourd en émotion.

Le réalisateur illustre bien la place de la femme en Iran avec l’histoire de ces détenues. Opprimées par leur propre famille et par la religion, ces jeunes femmes montrent tout de même qu’elles sont fortes et qu’elles tentent de résister à la société iranienne. Elles ont un caractère fort et elles sont conscientes de leur statut injuste. Victimes d’un système misogyne, elles sont très critiques face à leur famille, à la religion et à leur pays.

Le documentariste lève aussi le voile sur les conditions de vie très difficile en Iran. Pendant les entrevues, plusieurs filles parlent de leurs problèmes de drogues et de la grande pauvreté de leur parent. Malgré son statut de centre de détention, l’établissement constitue plutôt un refuge pour les jeunes filles, qui ne veulent pas retourner dehors, dans la rue pour certaine. L’inefficacité des services publics ne les empêche pas de s’entraider, de rire et d’être en sécurité.

Tout au long du film, on apprend à connaître les jeunes femmes. Avec les entrevues et les différentes scènes, elles dévoilent leur passé et leur personnalité. Même le réalisateur, qu’on ne voit pas mais qu’on entend, impose sa présence sur le film. Les filles  sont conscientes de sa présence et parlent parfois de lui ou lui adresse la parole. Dans un moment de douce folie, une détenue se lève même sur sa chaise pour chanter dans la perche.

La photographie réussi à tirer de beaux plans fixes de l’établissement, particulièrement lors des chutes de neige. Par contre, il a quelques défauts dans le son. Aussi, certains mouvements de caméra sont maladroits et la luminosité s’ajuste parfois de façon abrupte dans un même plan, ce qui est désagréable.

Mehrdad Oskuei nous livre une belle critique de l’Iran dans ce refuge où le passé n’est jamais loin et où l’extérieur est menaçant. Intelligent, émouvant et puissant, un documentaire à voir!

 

Capitaine Licence, notre héros à tous, nous rappelle que l'image provient du site suivant: https://pixabay.com/fr/international-drapeau-l-iran-2657195/

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