Comprendre "Le krach parfait", un essai d'Ignacio Ramonet

Auteur: 
Alexis R. Chevalier

Résumé de l'essai d’Ignacio Ramonet intitulé « Le Krach parfait », éditions Galilée, 2009

 

À la suite de la crise de 2008, le rejet de l’ultralibéralisme (le néolibéralisme débridé) est revenu à la mode. Ce rejet s’illustre par la lutte contre les paradis fiscaux et le dégoût pour les fonds où l’on vend les dettes étrangères (Hedge funds ou fonds de couverture).

 

Le cas japonais

Cette grande crise n’était pas sans rappeler celle qui était survenue au Japon durant la décennie 90 : une baisse de l’accès au crédit causa des faillites qui entraînèrent la vente massive des actions des entreprises en difficulté, ce qui mena à une baisse de leur valeur. Cette baisse de la capitalisation par la spéculation engendra une baisse de la productivité. Ne pouvant se permettre autant d’employé(e)s, les entreprises procédèrent à des mises à pied, ce qui créa une baisse de la demande, puisque les gens avaient moins d’argent. Cela entraîna encore plus de faillites. Voici la crise résumée : moins de crédit, donc moins d’offre, donc moins d’emploi, donc moins de demande, donc affaiblissement de l’économie.

À ce sujet, le FMI souligne que les crises venant des secteurs bancaires ou immobiliers sont particulièrement « intenses, profondes et nuisibles pour l’économie » (Ramonet, 2009, p.21)

 

Au commencement était le néolibéralisme

Après la chute du communisme en 1991, plus rien ne s’opposait idéologiquement au courant néolibéral ayant émergé au début des années 80. Ce mouvement prône la dérégulation économique via notamment la mondialisation ainsi que la privatisation et la fin des syndicats.

On notera que l’application du dogme néolibéral par le dictateur d’extrême droite Augusto Pinochet au Chili engendra un affaiblissement marqué de l’économie. Le chômage passa de 3 % sous le gouvernement précédent d’Allende à 20 % à la fin des réformes néolibérales. Allende a d’ailleurs été renversé par un coup d’État orchestré par Pinochet en 1973. En 1988, 45 % de la population chilienne vivait sous le seuil de la pauvreté. Dans son livre, La stratégie du choc. La montée du capitalisme du désastre, Naomi Klein démontre comment les mesures néolibérales ont nui à l’économie chilienne. La dictature du Général Suharto en Indonésie a appliqué une stratégie néolibérale semblable.

 

Le FMI

Le fonds monétaire international a comme politique de prêter aux pays en difficultés économiques en échange d’un ajustement structurel. C’est un terme qui désigne un ensemble de mesures néolibérales telles que

-La dévaluation de la monnaie;

-La contraction des dépenses publiques;

-Le licenciement massif de fonctionnaires;

-La hausse des taux d’intérêt pour attirer des investissements;

-Le blocage des salaires;

-La baisse du crédit dans le pays;

-L’élimination des subventions;

-La privatisation des sociétés publiques

-La hausse des tarifs des sociétés d’États (eau, téléphone, énergie).

 

Ces mesures se sont révélées inefficaces à régler une crise économique. L’Argentine, dans les années 1990, qui a appliqué ces dernières, a vu sa dette augmenter de façon « exponentielle ». (Ramonet, 2009, p.55) Les mesures ont créé beaucoup de pauvreté et de chômeurs.

Joseph Stiglitz, ancien Vice-Président de la Banque Mondiale, dont il a démissionné, a dénoncé dans son livre La grande désillusion le « comportement criminel du FMI ». (Ramonet, 2009, p.57)

 

La genèse de la crise 

L’implosion de la bulle internet, les nombreux scandales de falsifications des situations financières de grandes entreprises cotées en bourses, un endettement massif des ménages et la spéculation sur ces dettes ont joué pour beaucoup dans la crise de 2008.

Le manque de régulation sur les réseaux bancaires parallèles (offrant les mêmes services que les banques, mais laissant le risque en entier aux investisseurs (es)) a permis une spéculation frénétique et malsaine sur les dettes contractées lors d’une bulle immobilière.

En bref, toutes les institutions financières (banques et banques parallèles) ont prêté à des gens qui voulaient s’acheter une maison et ayant une faible chance de rembourser (ces prêts sont nommés subprimes). Les prêteurs se disaient qu’ils saisiraient la maison et ce serait tant mieux. Énormément d’habitations ont été payées de cette façon, ce qui a amené une hausse fulgurante des prix. Or, lorsque près de 3 millions de ménages se sont trouvés en défaut de paiement, ils ont tous remis leur maison en même temps. Par le fait même, 3 millions de maisons à vendre se sont retrouvées sur le marché en même temps, ce qui a fait plonger leur prix. Des milliards basés sur la spéculation et le pur vide venaient de s’envoler.

 

La spéculation par tous les moyens

À travers le monde, on spéculait sur la valeur des subprimes. On les achetait, les vendait et les dettes des ménages américains se sont trouvés partout dans le monde. Au final, les gens ayant en possession des promesses de remboursement ont perdu leur argent le moment où la valeur des maisons (les gages qui pouvaient compenser le paiement des dettes), s’est effondrée.

 

Solutions ?

 

Ramonet propose la suppression des paradis fiscaux, la hausse des impôts sur les revenus de spéculation et la taxe Tobin. Cette taxe serait appliquée sur chaque transaction de devises (monnaie étrangère) et sur toute transaction. Cela éviterait les transferts massifs de capitaux et le gonflement excessif de bulle basé sur un crédit trop facile.

 

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