Documentaire: On ne peut pas faire deux fois la même erreur : la quête de justice d'un peuple négligé

Auteur: 
Maria Camila Gallego Betancur

Le documentaire canadien On ne peut pas faire deux fois la même erreur a été présenté le vendredi 13 avril à la Maison du Cinéma dans le cadre du Festival cinéma du monde de Sherbrooke, qui se tenait du 9 au 15 avril 2018. D’abord paru en 2016, ce long-métrage d’Alanis Obomsawin relate un processus juridique ayant comme objectif l’adoption d’une loi pour favoriser l’égalité entre les enfants autochtones et les autres enfants canadiens.

En mettant au grand jour le procès, On ne peut pas faire deux fois la même erreur vise avant tout à dénoncer le traitement discriminatoire que le gouvernement canadien fait subir aux enfants des Premières Nations. Ainsi, le spectateur est amené à prendre conscience de la façon dont les politiques canadiennes en matière d’affaires autochtones créent des injustices à l’égard des jeunes autochtones et de leurs familles. En parallèle, la richesse culturelle des Premières Nations est mise en évidence, de même que l’importance de préserver cet héritage dans l’identité collective des Canadiens.

 Le documentaire propose un traitement réaliste, puisqu’il suit pendant plusieurs années la travailleuse sociale Cindy Blackstock, directrice de la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, dans sa lutte pour l’égalité des enfants autochtones. En 2007, Blackstock et son équipe ont porté plainte contre le gouvernement canadien pour mettre fin à la situation de discrimination raciale. Le procès s’est terminé neuf ans plus tard, avec la victoire des plaignants.  Dans le long-métrage, les principaux points de l’enjeu sont directement présentés par des extraits des audiences au tribunal. Enfin, des images d’archives de rapports du gouvernement et d’articles de journaux ajoutent de la crédibilité aux propos.

 Par ailleurs, le montage du documentaire est construit de manière à regrouper l’enjeu en aspects plutôt qu’en ordre chronologique. Dans un premier temps, la situation vécue par les enfants autochtones dans l’actualité est présentée. Les plaignants soutiennent que le placement en famille d’accueil est souvent fait sans raison valable et que les jeunes qui éprouvent des besoins médicaux spéciaux ne reçoivent pas les services nécessaires. Ensuite, diverses injustices commises à l’égard des enfants autochtones au fil du temps sont exposées, notamment les pensionnats autochtones, qui arrachaient les enfants à leurs familles et coupaient tout contact avec leurs traditions. Enfin, des photographies et des enregistrements vidéo des Premières Nations sont utilisés pour montrer l’impact négatif de la perte des enfants dans l’ensemble des communautés. Ce type de montage permet non seulement de synthétiser l’enjeu pour le rendre accessible au grand public, mais également d’émouvoir.

                  Ainsi, On ne peut pas faire deux fois la même erreur utilise une tonalité dramatique, qui contribue à sensibiliser le spectateur aux injustices. Cette tonalité se distingue d’abord par l’absence de musique dans la majeure partie du documentaire. Le silence est utilisé pour rendre compte de la gravité de la situation. À certains moments, des chansons traditionnelles des Premières Nations résonnent, mais l’ambiance demeure très sombre. Dans les extraits des audiences au tribunal, de nombreux plans rapprochés sont effectués sur les visages des participants, ce qui met en relief leurs expressions d’inquiétude et de tristesse. D’ailleurs, les scènes du procès sont appuyées par des entrevues avec des autochtones victimes d’injustices. À travers des images de la vie quotidienne de ces individus, les spectateurs sont invités à s’immerger dans l’environnement des Premières Nations. Cela vient jouer sur leurs émotions et leur permet de mieux comprendre l’ampleur de la situation.  

                      En conclusion, On ne peut pas faire deux fois la même erreur se veut une critique des injustices infligées par le gouvernement canadien aux enfants des Premières Nations, ainsi qu’une sensibilisation à l’ensemble de la population pour éviter qu’une telle situation se reproduise dans le futur. Bref, un documentaire émouvant et bien structuré, qui ouvre les yeux sur une situation que l’on préfèrerait ignorer, mais qui doit être abordée pour apprendre des erreurs du passé et établir un monde plus juste.

 

Capitaine Licence, notre héros à tous, nous rapelle que l'image provient du site : http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2011/10/20111024-152343.h...

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