Entrevue - Tout un bagage de vie!

Auteur: 
Adèle St-Jacques - Arts, lettres et communication

Entrevue avec une étudiante

Tout un bagage de vie!

Les déménagements sont des événements marquants dans une vie. Changer de quartier, d’école et d’amis peut être exigeant émotionnellement. Alors changer de pays, de langue et de culture doit être très éprouvant. Voilà une réalité que Juliana Ruge, étudiante de première année en soins infirmiers et originaire de Colombie, connait bien et accepte aujourd’hui de partager.

Juliana Ruge explique qu’elle se souvient assez bien de son enfance en Colombie. Son père, sa mère, sa sœur et elle habitaient à Bogota, la capitale du pays. Ses parents gagnaient bien leur vie en étant physiothérapeutes, mais étaient souvent absents. « Ils travaillaient parfois par tranche de 48 heures », explique-t-elle. Les jeunes sœurs avaient donc une nounou qui habitait avec elles. Leur école n’était pas très loin de leur maison, mais le trafic allongeait leurs déplacements. « Ça pouvait prendre d’une heure et demie à deux heures pour se rendre. On devait se lever très tôt, car on prenait le bus à 5 heures du matin. », se rappelle-t-elle.

L’immigrante nous explique que ses parents ont annoncé, à elle et sa sœur, la nouvelle qu’ils allaient déménager au Canada avec beaucoup d’enthousiasme. « C’était une bonne nouvelle et ils avaient l’air contents! », mentionne-t-elle en souriant, se rappelant de la manière dont elle imaginait le Québec à cet âge. « Je pensais qu’on s’en allait dans un pays où il y avait juste de la neige et qu’on allait habiter dans des igloos!  J’avais hâte de voir! », confie-t-elle en riant. C’est donc quelque temps plus tard, lorsque Juliana avait 8 ans que la famille est arrivée au Québec. Puisqu’ils sont arrivés août, les enfants ont rapidement compris que le Québec était loin de toujours être enseveli sous une couche de neige!

 La cégépienne confie avoir vécu un choc culturel par rapport au langage: « Je trouvais ça bizarre. Les gens parlaient et on ne comprenait pas! », partage-t-elle. Elle précise ensuite que l’apprentissage se fait rapidement à l’école, grâce aux cours de francisation. 

Toutefois, le choc a été plus important pour ses parents qui ont dû changer de métier, car leurs études n’étaient pas reconnues au Canada. Selon Juliana Ruge, ses parents ont dû faire énormément d’effort lors de ce processus. Même leur installation au pays a été complexe.  «C’était une connaissance d’un des membres de ma famille qui devait s’occuper de nous trouver un logement», confie l’étudiante. Malheureusement, l’appartement était insalubre et ne convenait pas du tout à la jeune famille. Les nouveaux arrivés, n’ayant avec eux qu’une valise chaque et beaucoup de volonté, ont déménagé dans un autre appartement quelques jours plus tard. 

Avec la maturité que la jeune femme a acquise, elle comprend maintenant les motifs qui ont poussé ses parents à vouloir partir du pays. « En Colombie, ce n’est pas tout le monde qui peut aller à l’Université. Il faut payer, et c’est très cher. On aurait pu faire des études, mais il aurait fallu que mes parents travaillent toujours et qu’ils n’aient presque pas de vie. Ils voulaient nous voir grandir! », souligne-t-elle. Bien que le reste de sa famille lui manque énormément, Juliana Ruge adore être au Québec et pense que la décision de ses parents lui offrira un avenir plus prometteur.

 

Photo de Juliana Ruge, à son bal de finissant, en compagnie de sa famille. Crédits photo: Oscar Quinionez

 

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