Gagner la guerre climatique - Partie 1

Auteur: 
Alexis R. Chevalier

Résumé de l’ouvrage de Normand Mousseau intitulé Gagner la guerre du climat.

Partie I

Mythe #1 : La baisse des émissions de GES améliorera immanquablement notre qualité de vie.

 En fait, la réduction drastique des émissions polluantes du Québec et du monde ne pourrait être faite que par une modification profonde des systèmes économique et social actuels. Ces changements seront tellement profonds qu’il est impossible de prévoir leur impact sur la qualité de vie. Celle-ci pourrait autant s’améliorer que se dégrader ou rester similaire bien que le monde se soit grandement transformé.

Mythe #2 Le Québec est un leader de l’énergie verte

Bien que l’hydroélectricité permette à la province de combler une grande partie de sa demande énergétique (près de 50 %), les gains et les impacts de cette électricité sont, au final, limités par les frontières du Québec. En effet, le relief et les réserves d’eau variables selon les pays font qu’il n’est pas possible que tous l’imitent en termes de production énergétique. De plus, la division internationale d’Hydro a été fermée par Jean Charest.

Mythe #3 L’hydroélectricité est le pétrole du Québec

L’hydroélectricité a déjà attiré des industries énergivores comme les alumineries. Mais pourquoi il faut aujourd’hui leur accorder toujours plus de subventions et de tarifs préférentiels sur l’électricité ? Mousseau souligne que la hausse de productivité venant notamment des nouvelles technologies fait que ces industries nécessitent de moins en moins d’emplois. L’électricité n’est donc plus pour le Québec un moteur de développement économique.

Le problème est que les bas prix du pétrole et du gaz de schiste ont rendu moins attrayante l’énergie au Québec. Puisque le protocole de Kyoto porte sur les émetteurs et non pas sur les consommateurs des émissions, les producteurs évitent de payer des pénalités dans les pays y ayant adhéré lorsqu’ils exportent leurs biens de pays sans régulation sur le climat.  Mousseau propose d’intégrer la planète à la bourse du carbone ou à une taxe carbone sur tous les échanges. De cette façon, l’énergie propre gagnerait en valeur puisque ne serait pas taxée ou ne nécessiterait pas qu’on achète des droits de polluer  (bourse du carbone).

Mythe #4 La lutte au changement climatique passe par l’auto électrique

23 % des GES du Québec viennent des autos. Au Canada, c’est 10 %. L’objectif de la province en 2020 est qu’il y ait 100 000 autos électriques pour 5 millions de véhicules à essence. Mousseau affirme que ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan et que la volonté de passer par la voiture électrique traduit une absence de réelle volonté de changement alors que les politiciens.nes veulent plutôt éviter de faire peur aux gens avec les transports en commun.

Outre le secteur industriel, il n’y a pas de source dominante de GES. Cela montre qu’il fait une action globale qui va viser tous les secteurs et non pas quelques uns traités de façon séparée.

Mythe #5 Le Québec consomme trop d’électricité

L’électricité a une efficacité parfaite (100%) lorsqu’on la transforme en chaleur (énergie thermique). Cela est démontré par les lois de la physique (Sadi Carnot, un ingénieur français a produit cette démonstration). À l’inverse, les énergies fossiles ont une efficacité de seulement 33% lorsqu’on veut obtenir produire de l’électricité avec elles. Les importantes pertes de chaleur expliquent ce faible rendement.

Mythe #6 La cible de réduction de 37,5 % d’émission de GES du Québec s’appuie sur une stratégie détaillée.

Les gouvernements de l’environnement  et des ressources naturelles ont des budgets faméliques qui les empêchent d’accomplir des changements majeurs. À la rigueur, le problème de la transition énergétique est une affaire de développement économique hors de leurs compétences. Puisque les sources de GES sont très dispersées en termes de quantité, ne s’attaque qu’à quelques secteurs précis ne ferait que faire chuter faiblement les émissions.

Au Québec, les politiciens.nes ne peuvent juger objectivement des mesures environnementales mises en place qu’elles ou ils ont conçues. Critiquer une mesure est associé à une perte d’autorité et de prestige.

Les Scandinaves ont développé un modèle qui fonctionne ainsi :

  1. Un petit ministère définit les objectifs politiques. (P.ex. : on veut réduire de 40 % les émissions de GES)

  2. Des agences modélisent les effets des mesures choisies pour les prévoir et les appliquent.

  3. Les parlementaires jugent de l’efficacité des mesures et s’adaptent en conséquence. Les critiques ne sont pas faites par ceux et celles qui ont créé les mesures.

Mythe #7 Le pétrole est ici pour longtemps

On pense que la rareté est la solution et qu’il n’est donc pas nécessaire de poser des actions politiques. Toutefois, les avancées technologiques, comme la fracturation hydraulique, ont fait augmenter l’offre de pétrole et de gaz de schiste en permettant l’exploitation de nouveaux gisements. Mousseau croit qu’il faut se sevrer des hydrocarbures bien avant qu’on en manque, ce qui pourrait prendre des décennies uniquement pour le pétrole. Une taxe sur ces énergies pourrait être la solution puisqu’elle ferait monter les prix de ces dernières. À ce moment, se tourner vers l’éolien et le solaire devient plus un choix politique qu’économique.

Pour limiter la hausse du climat à 2°C, il faut que 80 % des réserves de charbon, 50 % des gisements de gaz et 30 % de ceux de pétrole restent sous terre. Or, à l’heure actuelle, 80 % de l’énergie consommée par l’Humanité vient des hydrocarbures.

Mythe #8 Il suffit d’un prix sur le carbone

Un prix n’est pas suffisant puisque les consommateurs sont influencés par beaucoup de facteurs en plus du prix. Le marché ne peut pas tout régler : la théorie économique (celle qui prône le libre marché) classique s’appuie sur le fait que tous les humains sont rationnels, ce qui est loin d’être le cas. Par exemple, on constate que lorsque les prix du pétrole augmentent, les gens achètent plus de petites voitures. Mais quand les prix se stabilisent, ils achètent de grosses voitures consommant beaucoup d’essence. Ils le font même si les prix sont restés hauts.

 (À suivre…)

 

Capitaine Licence, notre héros à tous, nous rappelle que l'image provient du site: https://www.populationdata.net/cartes/monde-eau-insolite/

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