Journée internationale des femmes: Entrevue avec une pionnière du féminisme

Auteur: 
Sachel Cardi-Bissonnette, étudiant en Arts, lettres et communication

 

 

La journée internationale des femmes 2017, qui a eu lieu ce 8 mars,  est un rappel constant de la lutte que les esprits éveillés de ce monde continuent de mener contre le sexisme et les autres idéologies ultraconservatrices qui habitent toujours notre société.

En l’honneur de ce dévouement envers l’égalité, et en signe de soutien à tous les genres et identités brimées de ce monde, nous vous offrons une entrevue exclusive avec Mme Àvoieautre Tremblay, spécialiste en journalisme amateur et championne autoproclamé.e du féminisme. Nous la visitons dans son château en Bavière, autour d’un foyer chaleureux :

Journaliste -Madame Tremblay, je tiens d’abord à vous remercier pour votre disponibilité et votre combat toujours farouche contre la discrimination.

Àvoieautre Tremblay -Qui êtes-vous et que faites-vous chez moi?

À ce point, notre journaliste tente pendant 13 minutes de calmer Mme Tremblay qui essaie d’appeler la police bavaroise. Elle est maîtrisée et calmée après avoir assené plusieurs coups de téléphone sur la tête de son invité. Il faut rappeler que Mme Tremblay souffre d’un Alzheimer sévère.

-Madame Tremblay, la journée internationale des femmes a eu lieu ce 8 mars dernier. Tout d’abord, quelle est la signification de cette journée?

-Cette journée sert tout d’abord de rappel, pour tous les êtres humains, quant à la discrimination et le sexisme dont sont toujours victimes les femmes à travers le globe. Des socialistes européennes de l’Internationale socialiste des femmes, en 1911, ont eu l’idée de célébrer une journée des femmes le 19 mars pour revendiquer le droit de vote féminin. Les Nations-Unies ont adopté l’idée en 1977.

-On parle souvent des crimes commis au Moyen-Orient, en Afrique ou en Asie contre les femmes par les autorités religieuses et les gouvernements, mais qu’en est-il de l’égalité ici au Québec?

-Il est certain que le statut des femmes au Québec en est un des plus enviables qui soit dans le monde. Par exemple, l’UNICEF estimait en 2014 qu’au moins 133 millions de femmes et de petites filles au Moyen-Orient et en Afrique avaient subi au cours de l’année une forme de mutilation génitale (tel que l’excision). Toujours selon l’UNICEF, 250 millions de femmes en-dessous de l’âge de 15 ans ont été mariées à travers le monde en 2014. De plus, selon l’OBNL World Bank, dans au moins 18 pays, incluant la République Démocratique du Congo, la Guinée et le Yémen, une femme mariée ne peut accepter un emploi sans le consentement de son mari.

-On peut donc dire qu’au Yémen, les femmes, ‘’y’é mènent’’ par le bout du nez?

-Non. Vous venez de détruire ma joie de vivre et mon innocence, et j’ai fait l’Irak, moi, ce n’est pas peu dire.

-Je m’excuse.

-Mon Q.I vient de baisser de moitié par votre faute.

-Je suis tellement désolé.

-J’ai un syndrome posttraumatique à cause de cette blague, et vous parlez à une femme qui a reçu du C4 au visage.

-Changeons de sujet.

-Cela étant dit, la condition des femmes n’est pas parfaite au Québec, c’est indiscutable. Les femmes sont toujours victimes de discrimination et d’une certaine incompréhension de leur réalité. Rappelons-nous que l’avortement n’a été totalement légalisé au Québec qu’en 1988. Une étude du Ministère de la Sécurité publique de 2008 montrait que 82% des victimes des 17 321 infractions contre la personne commises dans un contexte conjugal étaient des femmes. De plus, 83% des victimes des 5341 infractions sexuelles enregistrées au Québec en 2008 étaient des femmes, et cette statistique ne prend pas compte du silence de certaines victimes, des cas non rapportés.

-On parle aussi souvent de l’inégalité salariale entre les hommes et les femmes : beaucoup disent que le calcul de cette inégalité ne tient compte que des revenus moyens des hommes et des femmes et n’a rien à voir avec un salaire inégal pour un travail équivalent. Qu’en pensez-vous?

-Il y a bel et bien au Québec une différence de salaire entre un homme et une femme pour un même travail. L’Institut de la Statistique du Québec  le confirme : pour un même travail ou domaine, les femmes sont systématiquement moins bien payées dans tous les secteurs économiques, excepté ceux du transport et des conducteurs d’équipement lourd. La différence peut varier de 97% à 65,5% du salaire d’un homme dans le même domaine et au même niveau exécutif. Les femmes sont donc, au niveau professionnel, bel et bien moins payées que les hommes pour un travail équivalent.

-Le temps file, et on me fait remarquer dans mon oreillette qu’on m’intente trois procès pour la blague sexiste que j’ai faite sur le Yémen. Terminons donc avec un enjeu qui a également besoin d’être démystifié : la taxe rose. Qu’est-elle et existe-t-elle vraiment?

-La taxe rose, c’est le fait qu’un produit adressé aux femmes, comme un parfum ou un rasoir, soit plus cher que son équivalent masculin. Quant à savoir si elle existe vraiment, il suffit d’aller dans un dépanneur, une pharmacie ou n’importe quel établissement qui vend des items reliés à l’hygiène et/ou des vêtements. Au Canada, une étude du cabinet d’exploration de données ParseHub estime que les femmes, pour un même produit, paient en général 43% plus cher que les hommes. Les produits masculins sont souvent moins chers ou plus volumineux que leurs équivalents féminins, et dans bien des cas le ratio qualité/prix est favorable aux hommes.

-Merci beaucoup, madame Àvoieautre Tremblay, pour cette entrevue. Je vous souhaite d’immenses succès dans vos futures luttes contre le sexisme.

 

-… Qui êtes-vous et que faites-vous chez moi?

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