Entrevue - Marc-André Sharpe

Auteur: 
Shannah Cossette - Arts, lettres et communication

 

Marc-André sur la Long Trail équipé de son fidèle sac à dos. 


On peut dire de Marc-André Sharpe qu’il est un randonneur à la cravate. En tant qu’employé chez Bombardier Produits Récréatifs, entre réunions et projets, il est difficile pour Marc-André de trouver le temps d’assouvir sa passion. Voilà pourquoi il se contentait de rêver du sentier des Appalaches, cette randonnée de six mois et de 3510 km qui traverse la côte est des États-Unis. Le rêve se transposera à la réalité dès le 15 avril, date qui marquera le départ tant attendu. Marc-André prendra une année sabbatique à partir du 1 er février 2018 pour se consacrer au projet.

Maintenant, après deux ans de préparation, dont une expérience de trois semaines intensives sur la Long Trail et une seconde de même durée au New Hampshire où il eut à gravir un total de 48 sommets, le projet devient de plus en plus tangible. En 2018, il traversera 14 états, du mont Springer, en Géorgie, au parc d’État Baxter, dans le Maine.

Le défi s’annonce de taille, mais Marc-André ne manque ni d’ambition, ni de courage : « Quand tu te dis qu’il te faudra monter l’équivalant de seize fois le mont Everest, ça parait énorme. Si tu te dis : " aujourd’hui, je vais faire deux montées et deux descentes, ce n’est pas si gros que ça. C’est au jour le jour " », partage-t- il.

Marc-André connait bien les ennemis du randonneur. En mentionnant son périple sur la Long Trail, il nous parle des douleurs psychologiques, mais également physiques. « Quand je suis revenu, j’étais démoli », s’est-il remémoré. « J’ai perdu sept ongles d’orteils, j’ai développé deux grosses ampoules aux épaules et de nombreuses irritations à la taille. À la fin, mes cuisses, mes mollets et mes genoux étaient tous de la même grosseur. Ça a pris trois semaines à désenfler », dit-il.

La randonnée étant extrêmement exigeante, le marcheur perd en moyenne quinze livres pour trois semaines d’effort continu. La diète de Marc-André, composée de gruau, de barres protéinées et de nouilles de style ramen, peinait à le supporter dans ses nombreux périples. « J’ai varié la nourriture et ça m’a aidé physiquement », rapporte-t- il.

Notre randonneur mentionne également l’importance du sac. « Le mien était trop lourd. Cinquante livres, c’était trop, parce qu’à chaque pas, le sac te tire d’un côté à l’autre », dit-il. Ainsi, il a troqué sa tente double pour une tente individuelle, entre autres. Avec toutes ses expériences, il est fin prêt faire face à la bête. Pour le reste, il ne veut rien prévoir d’avance : ni son tracé, ni ses ressources monétaires : « Je n’ai aucun budget. J’ai une carte de crédit », dit-il en riant.

Marc-André prévoit prochainement compléter le Triple Crown regroupant les trois plus longues randonnées des États-Unis, soit la Appalachian Trail, la Continental Devide Trail et la Pacific Crest Trail.

Pour lui, la randonnée est un rendez-vous avec soi-même. Voilà pourquoi il a confié vouloir la commencer et la terminer en solo. Elle lui est indispensable : « Ça me vide la tête et ça me donne la chance de penser à plein de choses en même temps, c’est ironique, non ? », dit-il en souriant. « Ça me dépayse, ça me sort de la ville, de la routine et, en bout de ligne, on réalise qu’on n’a pas besoin de beaucoup pour survivre et être heureux ».

Cet article a été rédigé dans le cadre du cours Information et médias, programme Arts, lettres et communication.